a consulter avant d'être dans l'isoloir ....
http://www.sudouest.fr/2012/04/22/le-de ... 11-710.phpLe débat sur les réserves d'eau mené sans retenueUn projet de décret facilite la création de retenues d'eau pour l'irrigation en simplifiant
la procédure administrative. Les environnementalistes craignent les dérives.
C'est un vieux débat qui refait surface. Faut-il ou non créer des retenues d'eau dans
les campagnes pour les besoins de l'agriculture ? La FNSEA (Fédération nationale des
syndicats d'exploitants agricoles) y est résolument favorable. Aussi est-elle plutôt
satisfaite du projet de décret soumis à consultation publique jusqu'au 3 mai sur le site
Internet du ministère de l'Écologie.
Ce texte vise à faciliter la création de retenues pour l'irrigation. Le régime de
l'autorisation qui prévaut actuellement pour les retenues supérieures à 3 hectares
prescrit une étude d'impact et une enquête publique sur chaque projet. À l'avenir,
cette procédure ne concernerait que les plans d'eau supérieurs à 350 000 mètres
cubes (l'équivalent de 7 hectares pour 5 mètres de fond). Les autres - les plus
nombreux - seraient soumis à simple déclaration.
Le même texte lève aussi les obstacles pour le remplissage hivernal des retenues. Les
prélèvements autorisés passeraient de
8 mètres cubes par heure à 110 mètres
cubes par heure (ou 5 % du débit moyen).
Anticiper le manque d'eau Cette nouvelle donne est espérée par le monde agricole.
Nicolas Sarkozy l'avait explicitement promise lors de son passage au congrès de la FNSEA
, fin mars à Montpellier. « Il y a maintenant un consensus sur le réchauffement
climatique. Ce que prévoient les scientifiques, c'est une alternance plus marquée
d'événements extrêmes, avec des inondations mais aussi des périodes sans pluie
accompagnées de températures élevées. Il nous faut anticiper. Les pays du sud de
l'Europe - le Portugal, l'Espagne et l'Italie - ont déjà des politiques de stockage de
l'eau », plaide Christiane Lambert, la vice-présidente de la FNSEA.
En Charente-Maritime, département affecté deux années de suite par la sécheresse
hivernale, on attend aussi que change la règle du jeu. « Les prélèvements dans le
milieu naturel ont déjà baissé de moitié depuis dix ans. Si on ne nous accorde pas la
possibilité de constituer des réserves, on va entamer notre potentiel agricole »,
s'inquiète Luc Servant, le président de la Chambre d'agriculture.
Tout n'est pas forcément si rose dans ce département, où les assecs se multiplient en
raison des prélèvements agricoles. Là comme ailleurs, le mauvais état des milieux
aquatiques chiffonne Jean-Claude Bévillard, le pilote du réseau agriculture à France
Nature Environnement (FNE). « On a déjà beaucoup de soucis avec des prélèvements
d'eau qui dépassent la capacité du milieu. Ce projet de décret est un mauvais signal
donné aux irrigants, alors que les efforts devraient s'orienter vers le choix de cultures
moins gourmandes en eau. Sans études d'impact et sans enquêtes publiques, on ne
pourra plus prévenir les dégâts », déplore-t-il.
FNE trouve ce décret d'autant plus baroque que la nouvelle PAC (politique agricole
commune) devrait restreindre la monoculture du maïs, très consommatrice d'eau. «
Soyons cohérents », demande Jean-Claude Bévillard.