Le syndicat agricole rompt la négociation La FDSEA dénonce les propositions de la Direction départementale des territoires et de la mer pour cet été.

Les réserves d'eau, comme celle de La Laigne, font toujours débat. (photo archives
xavier léoty)
Le problème de l'irrigation dans le département connaît un nouvel épisode. La FNSEA
17 (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) a annoncé avoir
quitté « la table des négociations » avec la Direction départementale des territoires et
de la mer (DDTM) en fin de semaine dernière sur ce dossier.
« Nous ne pouvons pas accepter les propositions qui nous ont été faites », insiste
Jean-Jacques Gaucher, le « Monsieur eau » du syndicat. « On nous a réclamé une
baisse des volumes d'eau prélevés pour cet été. Ce n'est pas possible tant que les
réserves de substitution seront inutilisables comme celles qui sont présentes sur le
bassin du Mignon dans le nord du département. »
L'agriculteur parle des cinq bassines d'une capacité de deux millions de mètres cubes
d'eau qui ont été construites mais qui ne peuvent pas servir en raison de recours
déposés auprès du tribunal administratif de Poitiers par l'association Nature
Environnement 17. « Tout est prêt. Les réserves existent mais on ne peut pas les
utiliser. Les agriculteurs qui ont investi dans ces bassines vont commencer à
rembourser les prêts. Je peux vous dire que la colère commence fortement à monter. »
« Pas d'étude d'impact » Du côté de l'association environnementale, on justifie la position prise. « Il faut savoir
que l'eau qui alimente ces réserves ne provient pas seulement de la pluie mais aussi
d'autres ressources. Il y a un fort impact sur l'environnement », précise Patrick
Picaud, coordonnateur à Nature Environnement 17.
Ce dernier met dans le même panier deux réserves de substitution, dont les travaux
ont été bloqués depuis 2007 vers Ferrières-d'Aunis. « Aucune étude d'impact n'avait
été faite », rappelle Patrick Picaud. Dans tous les cas, les arrêtés du préfet de
Charente-Maritime ont été annulés par le tribunal administratif.
« Sur le bassin du Mignon, les études hydrologiques ont, pour nous, été bâclées. Il y a
aussi la question d'espèces d'oiseaux protégées par une directive européenne qui n'a
pas été prise en compte. Il n'y a eu aucun inventaire sur les sites où ont été
implantées ces réserves », fait remarquer le militant de Nature Environnement 17 qui
pointe là aussi des insuffisances dans l'étude d'impact.
La solution du Département Pour les agriculteurs, tout ça représente un frein à leur activité. Même le secrétaire
général de la FNSEA, Dominique Barrau, présent hier à Saintes (voir ci-dessous), a un
avis bien tranché sur la question. « Avec ce genre de situation cumulé à la
sécheresse, on est obligé d'aller en Espagne pour s'approvisionner en fourrage. C'est
ce qui est arrivé pour les agriculteurs du Massif Central en 2011. C'est un comble. On
fait venir des camions remplis de paille d'un pays qui est plus sec que le nôtre. »
Face à la situation et au bras de fer qui se joue, le Conseil général va normalement
prendre les choses en main en devenant maître d'ouvrage à la place des associations
d'agriculteurs dans la construction et le remplissage des bassines sur le département
via la création d'un syndicat mixte. Une solution qui semble convenir à tout le monde.
« On engage de l'argent public. Il est normal que la gestion de ces réserves d'eau soit
publique. Nous sommes pour », prévient de son côté Patrick Picaud pour l'association
environnementale. Même son de cloche du côté de la FDSEA. « Cette initiative ne
peut être que positive. Ça devrait résoudre les problèmes de recours et les
blocages », pense Jean-Jacques Gaucher pour le syndicat agricole.
En attendant, la question de l'irrigation pour cet été n'est toujours pas réglée…