Article Sud-Ouest du 30/09/09
Posté : 30 sept. 2009, 07:54
« L'État est tout sauf laxiste »
Plus une goutte d'eau dans la source de la Sèvre niortaise, à Sepvret. La faute à personne? (photo xavier léoty)
La carte que le préfet de région Bernard Tomasini a distribuée hier après-midi à la presse se veut éloquente : tous les bassins où l'irrigation était interdite début septembre y figurent. Et force est de constater que plus de la moitié de la région est en rouge, les Deux-Sèvres et la Vienne surtout, les Charentes étant un peu plus épargnées.
« Après ça, on ne pourra pas dire que l'État ne fait rien. Il est tout sauf laxiste », s'insurge le préfet.
L'heure était, hier, à la communication à la préfecture de Poitiers, après un été particulièrement sec mais avec quelques signes positifs malgré tout. Alors que la recharge d'hiver a été insuffisante et qu'on a connu un des mois d'août les moins pluvieux de ces deux dernières décennies, seuls 814 kilomètres de rivières étaient en assec fin août (sur 10 000 kilomètres en tout), contre 1 317 lors de la précédente sécheresse, en 2005.
« Je ne considère pas que c'est peu. Je dis même que c'est trop », admet le préfet, qui estime que 300 ou 400 kilomètres d'assec serait un objectif raisonnable pour 2015.
Ce préambule étant fait, Bernard Tomasini s'empresse de mettre un peu de baume au coeur des irrigants : « L'opprobre a été lancé sur l'irrigation. Je voudrais rappeler qu'en 2003, il y avait 160 000 hectares de maïs irrigué. Il n'y en avait plus, cette année, que 122 000. » C'est la Charente-Maritime et l'ouest de la Charente qui ont connu les plus fortes diminutions.
41 procès-verbaux
Aux efforts de reconversion réels des agriculteurs, s'est ajoutée la réglementation draconienne de l'irrigation : 102 mesures de restriction cet été, 43 d'interdiction.
Conséquence : les irrigants ont consommé exactement la même quantité d'eau qu'en 2008, année particulièrement pluvieuse, pour une surface équivalente, soit 150 millions de mètres cubes. L'État a le souci constant de balayer les accusations de laxisme. Il met en avant les 1 103 compteurs contrôlés par les agents des directions de l'agriculture, les 41 procès-verbaux dressés et les cinq transmissions de dossiers au parquet (dont deux en Charente) pour les violations les plus graves de la règle imposée.
Le préfet de région se veut donc résolument optimiste sur les chances d'aboutir en 2015, comme prévu, à un bon état écologique des milieux aquatiques : « L'agriculture va s'adapter au milieu et non plus l'inverse, pronostique-t-il. On doit y arriver progressivement, en accompagnant le monde agricole ».
Plus une goutte d'eau dans la source de la Sèvre niortaise, à Sepvret. La faute à personne? (photo xavier léoty)
La carte que le préfet de région Bernard Tomasini a distribuée hier après-midi à la presse se veut éloquente : tous les bassins où l'irrigation était interdite début septembre y figurent. Et force est de constater que plus de la moitié de la région est en rouge, les Deux-Sèvres et la Vienne surtout, les Charentes étant un peu plus épargnées.
« Après ça, on ne pourra pas dire que l'État ne fait rien. Il est tout sauf laxiste », s'insurge le préfet.
L'heure était, hier, à la communication à la préfecture de Poitiers, après un été particulièrement sec mais avec quelques signes positifs malgré tout. Alors que la recharge d'hiver a été insuffisante et qu'on a connu un des mois d'août les moins pluvieux de ces deux dernières décennies, seuls 814 kilomètres de rivières étaient en assec fin août (sur 10 000 kilomètres en tout), contre 1 317 lors de la précédente sécheresse, en 2005.
« Je ne considère pas que c'est peu. Je dis même que c'est trop », admet le préfet, qui estime que 300 ou 400 kilomètres d'assec serait un objectif raisonnable pour 2015.
Ce préambule étant fait, Bernard Tomasini s'empresse de mettre un peu de baume au coeur des irrigants : « L'opprobre a été lancé sur l'irrigation. Je voudrais rappeler qu'en 2003, il y avait 160 000 hectares de maïs irrigué. Il n'y en avait plus, cette année, que 122 000. » C'est la Charente-Maritime et l'ouest de la Charente qui ont connu les plus fortes diminutions.
41 procès-verbaux
Aux efforts de reconversion réels des agriculteurs, s'est ajoutée la réglementation draconienne de l'irrigation : 102 mesures de restriction cet été, 43 d'interdiction.
Conséquence : les irrigants ont consommé exactement la même quantité d'eau qu'en 2008, année particulièrement pluvieuse, pour une surface équivalente, soit 150 millions de mètres cubes. L'État a le souci constant de balayer les accusations de laxisme. Il met en avant les 1 103 compteurs contrôlés par les agents des directions de l'agriculture, les 41 procès-verbaux dressés et les cinq transmissions de dossiers au parquet (dont deux en Charente) pour les violations les plus graves de la règle imposée.
Le préfet de région se veut donc résolument optimiste sur les chances d'aboutir en 2015, comme prévu, à un bon état écologique des milieux aquatiques : « L'agriculture va s'adapter au milieu et non plus l'inverse, pronostique-t-il. On doit y arriver progressivement, en accompagnant le monde agricole ».