L'Angérien Libre Édition du 17 Septembre 2010
Et au milieu coulais parfois une rivière… avec parfois des poissons..
...
Quelque part sur la Seudre, la Fédération de pêche de Charente-Maritime a procédé à une
pêche électrique.
(L.
Renaud, P. Hervé, J. Fouchier, R. Ruggieri de la Fédération de pêche)
Technique de pêche à l’électricité :
Le principe est de créer un champ électrique dans l’eau qui va agir sur les
poissons en les choquant. Le poisson possède un système nerveux composé d’un
système central (le cerveau), d’une voie sensitive (lui permettant d’avoir des
sensations) et une voie motrice (qui lui dicte de bouger en fonction de ce
qu’il ressent). Les messages transitant dans son système nerveux sont des flux
électriques, modifiables par la pêche électrique. Par ce procédé, le poisson
est d’abord inhibé (il s’arrête de nager), puis la voie motrice est excitée et
le poisson subit une « nage forcée » en direction de l’anode.
Une fois l’opération terminée, les poissons, après avoir retrouvé leurs «
esprits » sont relâchés dans leur milieu naturel.
Pour rappel, la pêche électrique est une méthode à unique but scientifique faisant
l’objet de dérogation préfectorale et n'est autorisée que pour réaliser des
études sur les ressources halieutiques et strictement réservée aux seules
autorités piscicoles compétentes.
Objectif : le diagnostic piscicole en rivière.
Le but est de pêcher l'ensemble des poissons sur une longueur déterminée comme
témoin du cours d'eau. Ils sont ensuite identifiés, comptés, mesurés et pesés.
Comparé à un peuplement de poissons théorique de cette rivière et aux résultats des
années passées, il peut déterminer l'état du milieu, sa dégradation éventuelle
et les potentielles mesures à mettre en œuvre pour corriger ces problèmes.
Des mesures de températures, de profondeur, de largeur, de quantité d'oxygène
dissous sont ensuite réalisées pour permettre d'affiner l'interprétation des
résultats.
Les espèces capturées sont ensuite identifiées, mesurées, pesées…puis relâchées.
Les premiers résultats :
la gestion du cours d'eau ne semble pas cohérente avec le milieu. *
Les premières constations sont les suivantes :
Au total en 1 demi-journée, 1400 poissons ont été pêchés (un peu moins que l’année
passée), aucun brochet, peu de lamproie de planer, la population de vandoise en
régression…
Par exemple, l'absence du brochet est une surprise, compte tenu de la proximité de
zones de frayères aménagées ou naturelles. Les multiples bras de la Seugne, ses
nombreuses prairies inondables, la faible présence humaine font de sa partie
basse une zone très favorable pour la reproduction du brochet. Mais pour qu'il
y ai fraie, le brochet a besoin d'une inondation de ces prairies au bon moment,
suffisamment longtemps pour que les œufs pondus par les géniteurs puissent se
développer en larves nageantes qui retourneront à l'occasion de la baisse progressive des eaux au cours d'eau principal pour
grossir.
Voilà où le bas blesse: la gestion de l'eau !
Lorsque les niveaux montent naturellement
à l'occasion des crues hivernales moyennes (celles qui ne sont pas dommageables
pour les habitants et qui ne font que couvrir les terrains bas), la peur de
l'inondation centennale revient et l'on baisse dès que l'on peut les niveaux
d'eau !
Pourtant ces crues moyennes sont favorables à la reproduction du poisson dans le lit
majeur du cours d'eau, également au rechargement de la nappe et à
l'enrichissement des prairies par les alluvions.
La gestion du cours d'eau ne semble donc pas cohérente avec le milieu, les ouvrages qui limitent la migration des
poissons, l'évacuation rapide de l'eau en hiver et les prélèvements excessifs
de l'été qui induisent des baisses sensibles de débit ne permettent plus aux
espèces les plus sensibles aux écoulements et à la température de l'eau de
trouver un milieu favorable. Elles régressent au profit d'espèces plus
tolérantes qui elles se développent.
Les données issues de ces inventaires permettront aux pêcheurs et à leurs
partenaires d'argumenter sur les propositions de gestion du milieu naturel.
Leurs demandes récurrentes sont le retour à des prélèvements raisonnés et la
restauration des milieux aquatiques afin de redonner des conditions de vie et
des habitats propices aux espèces locales : gestion de l'eau en fonction de la
ressource disponible, aménagements de frayères à brochet, préservation des
frayères à lamproie par des limitations dans le temps de certaines pratiques
sont autant d'actions qui pourraient permettre d'inverser la tendance actuelle.
Le pire prédateur du poisson reste encore aujourd'hui l'homme, non pas via la
pratique de la pêche mais via les nombreuses interventions néfastes qu'il
impose aux milieux (re calibrages de cours d'eau, mise en place d'ouvrages,
pollutions…).
En l’absence de telles mesures, certaines espèces exigeantes et pourtant autochtones pourraient être amené à
terme à disparaitre…
*
Informations fournies par la Fédération de le Charente-Maritime pour la pêche
et la protection du milieu aquatique.
Site
internet :
http://www.peche17.org/