http://www.sudouest.fr/2012/08/11/il-de ... 1-1368.phpJonzac / Il défend la pêche, sport inoffensif Avec l'association APGP17, Cédrick Plasseau se bat pour la défense du milieu
aquatique..

Cédrick Plasseau utilise un leurre afin de pouvoir relâcher les poissons sains et saufs. (Photo E. L.)
Dans la Seugne, un étrange poisson frétille. De couleur jaune-vert, scintillant sous les
reflets du soleil, il danse dans l'eau, descend lentement vers les profondeurs en
tournant sur lui-même. Sans aucun doute, c'est un leurre au bout de la cane à pêche
de Cédrick Plasseau. Un simple bout de plastique en forme de petit poisson pour
appâter et tromper le brochet, la sandre ou tout autre carnassier. Un procédé souvent
utilisé par les amateurs de pêche sportive.
Mais aujourd'hui, Cédrick Plasseau n'est pas là pour le loisir. Densité, résistance,
comportement de nage, il teste le leurre pour la marque Delalande pêche. L'imposture
est parfaite. Des paillettes imitent le miroitement des écailles, deux petits yeux
assurent un contrepoids idéal. Une bille est glissée dans le leurre, elle s'agite, fait un
bruit qui attise le brochet. Le carnassier mord en effet aussi bien affamé qu'énervé.
Surtout, le prototype est biodégradable, fabriqué en matières non polluantes. Il se
décompose en un mois. Une démarche écologique que le testeur professionnel
apprécie, lui qui milite pour la préservation du milieu naturel aquatique.
Poisson gracié Ancien militaire à la retraite, il se dédie désormais à la pêche. Il s'occupe de
l'association APGP17 (Amicale des pécheurs à graciation permanente).
Pris dans ses hameçons, les poissons n'ont pas à se tordre d'inquiétude. Ils sont
systématiquement relâchés, graciés. Et c'est là que le leurre prend toute son
importance. Alors que les appâts vivants (ver de terre ou vif) sont directement avalés
par le poisson, le bout de plastique est gardé en bouche. Le poisson ne veut en effet
pas risquer l'indigestion. Ainsi, pour relâcher l'animal, pas besoin de lui sectionner
l'estomac mais seulement de lui enlever le crochet au niveau de la mâchoire.
La blessure est anodine, le carnassier est sain et sauf. Et c'est ce qui importe à
Cédrick Plasseau, pour qui le plaisir de la pêche est de « tenter un animal vivant, le
combattre, le toucher, apprendre à le connaître avant de le remettre à l'eau ». C'est
un véritable jeu, pécheur ou poisson, qui sera le plus malin ?
Un pécheur irritéAlors qu'il lance son leurre depuis le pont de Jonzac, les curieux l'interpellent : « ça
mord ? » « ça mordille », répond Cédrick Plasseau. « Je dis toujours ça », confie-t-il,
sourire aux lèvres. Et si le passant insiste, il ironise : « Oh, je fais nager du plastique,
pour m'amuser. ».
Pourtant, très vite, les choses se gâtent. Un bavard lui apprend qu'un brochet femelle
de 80 centimètres a été capturé, il y a quelques semaines. Cédrick Plasseau est sous
le choc : « Ils me l'ont enlevé, une femelle de 9 ans, qui avait été réintroduite. C'est
dramatique, les gens croient qu'avant de mourir ils doivent embarquer tout ce qu'ils
peuvent. » Le ton est tragique. Entre lui et les brochets, c'est comme une histoire
d'amour.
La nature prend du temps à se régénérer, pour sûr, dans cette section du bassin, il
n'y aura plus de ponte avant deux-trois ans. « Les gens se plaignent qu'il n'y a plus de
poissons, mais on les enlève tous. En France, il y a encore cette mentalité du « je
pèche, je mange » ou du « j'ai payé ma carte de pêche 60 euros, j'en veux pour mon
estomac ! », s'insurge l'amateur de pêche sportive. Révolté, il affiche son
incompréhension face au comportement des pécheurs-mangeurs. Les « viandards »,
comme il les appelle.